SAÏDOU (ZEP) ET SAÏD BOUAMAMA: RACISTES?
Nombreux sont ceux et celles qui connaissent la désormais (assez) célèbre chanson du groupe ZEP: Nique la France (Devoir d'insolence, 2009). Si l'on écoute les paroles, on entend une critique de l'institution de la République française, de son histoire, des problèmes d'intégration de populations qu'il a pourtant appelé à aller crever sur les champs de bataille sans ses guerres impérialistes puis à reconstruire ses infrastructures, du racisme latent dans de nombreux de discours politiques comme journalistiques, du phénomène identitaire, du mythe des droits de l'homme, les expulsions, la manipulation des politiques, etc. Cette chanson est en quelque sorte un résumé du livre Nique la France - Devoir d'insolence, coécrit par Saïdou de ZEP et Saïd Bouamama et paru en 2010.
Le procès.
Ni dans la chanson, ni dans le livre - tous deux écrits par des militants anti-racistes - ne sont tenus de propos attaquant la prétendue race blanche. Alors pourquoi ces deux personnes passent-elles en procès pour propos racistes? En fait, il faut chercher qui se trouve du côté de l'accusation: l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (ou l'AGRIF). Ce groupe au nom si charmeur se dit contre le racisme, mais oublie de préciser quel racisme: le fameux "racisme anti-blancs". Cet argument est dans l'immense majorité des cas un cache-sexe pour les xénophobes, racistes, identitaires de tous bords qui voient dans l'immigration un péril pour leur pays, leur culture et/ou leur (prétendue) race. Ainsi, quiconque d'un peu trop bronzé et au sang pas assez pur critiquant la France devient un raciste anti-blanc, un islamiste psychopathe qui refuse de s'intégrer. Pour mettre la cerise sur le gâteau, nous mettrons l'accent sur la fin du nom de ladite Alliance. Bref, il ne s'agît ni plus ni moins d'une bande fasciste qui profite des origines de ces deux militants pour les attaquer, car en effet: ils auraient plus de mal à attaquer des blancs (d'ailleurs, il ne semble pas que les personnes blanches ayant joué dans le clip du morceau aient été inquiétées).
Un acte banal.
Hélas, il s'agît de la énième attaque contre ces deux militants. En effet, depuis la parution de la chanson, de nombreux groupes fascistes ont tenté de les destabiliser, de la "simple" lettre de menace de mort à la pression physique pour faire annuler des concerts du groupe ZEP. (1) Ce qui m’embête, c’est que depuis deux ans, j’ai reçu beaucoup de messages d’extrémistes disant “on va te faire la peau” et que maintenant que la plainte est acceptée, la partie adverse peut avoir accès à mon adresse, confie le sociologue Saïd Bouamama.
Pour l'instant, les deux militants sont dans l'attente de leur procès, qui aura lieu dans plusieurs mois. Pour organiser avec eux des actions de soutien: soutien.zep.bouamama@gmail.co
Bref, il peut être dangereux d'oser critiquer notre chère république lorsque l'on n'est pas 100% franco-français. C'est pourquoi la Rédaction s'est assurée que la personne rédigeant cet article peut justifier de ses origines depuis Charles Martel, afin de conclure cet article par un magistral