SUR L'ARRESTATION DE MILITANTS PRESUMES D'ETA(M)
Nous aurions pu rédiger un article sur la lutte des ouvriers de Fralib, qui se mobilisent pour conserver leur emploi ouvertement menacé, ou sur ceux de PSA Aulnay, qui savent qu'ils ne vont pas tarder à en arriver au même point et attendent toujours un geste de la part du nouveau gouvernment, ou encore sur la dernière déclaration scandaleuse de Christine Lagarde à propos des grecs et de leurs impôts, et des réactions malhonnêtes que cela a suscité dans divers médias... mais nous avons décidé d'écrire sur un sujet peut-être moins connu, qui est - à notre avis - aussi choquant, et ce afin de mettre en lumière la vraie nature du PS.
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Dimanche dernier (27 mai), on apprend dans la presse qu'une opération "menée conjointement par la police judiciaire française et le commissariat général d'information du corps national de la police espagnol" a permis l'arrestation de deux militants présumés de l'organisation armée ETA(m) (Euskadi Ta Askatasuna (militarra) / Pays basque Et Liberté (militaire)).
L'arrivée du Parti Socialiste au pouvoir en France dans les années 80 avait suscité un formidable élan d'espoir, nottament chez les travailleurs du pays mais aussi au sein de la population basque, qui espérait une politique peu répressive. Pourtant, il ne fallut pas longtemps pour que des rafles (rappelant étrangement des évènements antérieurs, sous ce cher Maréchal) se produisent contre militants, réfugiés, etc. N'oublions pas les GAL (Grupos Antiterroristas de Liberación / Groupes Antiterroristes de Libération) et autres bandes d'assassins toutes aussi sympathiques, qui agissaient en toute impunité et dont les quelques membres ayant été jugés s'en sont sortis avec une peine plus que symbolique, alors que les militants d'ETA, quant à eux, croupissent ou ont croupis des années en prison, après avoir été soigneusement torturés*.
Aujourd'hui, le PS nous montre qu'il a su rester le même. Mais il est nécessaire de se pencher sur un "détail": cette arrestation survient dans un contexte bien particulier. En effet, depuis 2010, un processus de paix - lancé par la direction (réformiste et liquidatrice) actuelle du Mouvement de Libération Nationale Basque - a commencé, et ce en faveur d'une résolution pacifique du conflit qui oppose depuis plusieurs décennies les travailleurs de ce pays aux bourgeoisies espagnole, française et basque. Il semblerait donc judicieux que les deux Etats impliqués (ah non, c'est vrai: la France n'est pas impliquée dans le conflit, paraît-il) fassent preuve de souplesse, afin de détendre la situation et arriver ainsi à résoudre ce problème par la voie pacifique, comme semblent le souhaiter diverses organisations politiques, ayant reçu un grand nombre de suffrages lors des élections municipales et forales de début 2011, ou encore lors des élections parlementaires de fin 2011.
Alors, certes, l'organisation armée basque n'a pas rendu les armes et n'a donc pas donné suffisamment de preuves de sa volonté de paix, d'après les ministères de l'Intérieur français et espagnol. Mais ne faut-il pas faire des pas de chaque côté, dans un tel processus?
En définitive: le changement, c'est pas pour tout de suite...
